En ce mercredi brumeux j'ai pris le bus de 12H10. Celui qui ramasse les lycéens et collégiens qui sont contents parce que cette aprèm y'a pas école. Pendant que moi je me dirige lentement vers mon examen oral d'anglais je les entends les lycéens derrière, ceux qui squattent le fond du 79 et qui rigolent tout le temps, très fort, à des blagues que raconte le plus petit, celui qui a des lunettes et une voix beaucoup moins rauque que celle des autres, celui qui a besoin de l'humour pour s'intégrer et qui s'achète les recueils de Bigard pour briller en société "Ta mère elle est tellement vieille qu'elle fait du lait en poudre..."

Après ça, j'ai pris le métro et j'ai encore trouvé des lycéens en route pour le marché de Noël, dans la rame d'à coté ça se battait, ça balançait les filles dehors à chaque ouverture de porte, ça se jetait des trucs et encore une fois ça parlait fort.

Après je suis arrivé dans le couloir pour attendre mon oral, le stress lié aux oraux délie les langues, en attendant mon tour j'ai rigolé avec des gens qui ne m'avaient jamais parlé avant, des gens que je voyais de temps en temps et dont je ne connais même pas le nom, on a parlé musique, moto, informatique... Et après l'oral on est allé boire une bière à la cafet', la dernière Burgen Braü de l'année. On a dit au revoir à notre secrétaire parce qu'au semestre prochain on dépendra même plus du même secrétariat. L'année prochaine on sera des informaticiens, des vrais.

Sur le chemin de la station de métro j'ai fait la connaissance d'une britannique qui connaissait pas Radiohead elle avait déjà entendu parler de Reilldiiiohhhead, rien à voir. De toute façon, elle n'était là que pour un semestre, pas la peine de me disputer pour si peu.

Sur le chemin du retour j'ai un peu parlé avec la britannique (pas anglaise, rien à voir) et puis elle est partie, j'ai revu un gars avec un chat mais lui il devait mal s'y prendre parce qu'il n'attirait que les enfants et les mémés.

J'ai vu deux papas avec 5 enfants, quand c'est comme ça on ne peut pas vraiment comprendre qui est le fils de qui mais on s'en fout de toute façon, eux ils conduisaient le métro à 5 et faisaient vachement attention parce qu'il parait qu'à la fin du métro y'a un grand trou et qu'il faut descendre avant de tomber dedans, c'est Papa qui l'a dit et il a raison parce que l'étudiant brun qui est assis à coté (c'est moi) a dit que c'était vrai.

A coté de la station (et du trou) j'ai vu le centre aéré qui jouait en attendant le bus, les enfants ne m'ont pas reconnus, les animateurs ne me connaissaient pas, je devrais couper mes cheveux plus souvent, je déteste le rôle du gentil animateur qu'on regrette devant les nouveaux qui eux sont vraiment trop méchants, j'aime pas devoir regarder les autres, mes remplaçants du mercredi, avec le regard gêné qui veut dire que j'y peux rien moi si les enfants me préfèrent.

Sur le bus du retour il y avait la famille caricaturale du nord de la France, avec la maman qui parle comme un charretier, l'accent bien prononcé et la marmaille qui court dans tout les sens et qui n'obéit pas, j'avais oublié l'ambiance du mercredi après midi.

En sortant du bus j'ai vu mes amis les témoins de Jéhovah. "Ho, mais voilà arriver les témoins de Jéhovah" dis-je d'un air jovial. "En effet," me répondirent t-ils avec le sourire des gars gentils qui se les gèlent le 20 décembre pour apporter la bonne nouvelle. "On vous donne ça et c'est gratuit." Moi je suis un habitué, de ce genre de lectures, et quand je le leur fait savoir ils me demandent gentiment ce que j'en pense. "A la fac on a du faire un sujet sur les dérives sectaires de la religion." Sur le coup, ils m'ont regardé un peu bizarre mais ils aiment leur prochain alors ils ne m'ont même pas jeté de sort.

Pour finir j'ai quand même pu rentrer chez moi sans encombre, peut être que quand j'aurai fini de raconter ces conneries je pourrai profiter de mes vacances.