Première étape Lille -> Assenede
Par Sitenreveuxyenrena le dimanche, août 22 2010, 09:09 - Ma vie - Lien permanent
Ceci est la première étape de notre bike trip en Benelux avec mon amoureuse et ses deux frères.
Agrandir le plan
Première étape départ de Lille, place du concert, au marché. Il est Dimanche, 9h00, on a acheté des fruits secs pour le voyage.
On charge les vélos, et c'est parti!!!
Avec moi j'ai deux sacoches, une pour les habits, l'autre pour le reste (toilette, vaisselle, pharmacie...), une tente pour mon amoureuse et moi, et mon duvet. Tout ça à l'arrière, ça fait un peu bizarre quand on a pas l'habitude de rouler chargé, mais on s'y fait vite.
Les premières routes qu'on prend sont des routes qu'on connait. On longe le grand boulevard pour arriver à Tourcoing. Ensuite, on connait un peu moins, on passe la frontière belge et on oublie très vite qu'on vient de Lille.
On s'arrête à la boulangerie, la boucherie et on finit par manger après avoir fait 50 km. Le long de la rivière après Bavikhove, à côté des pécheurs et de l'écluse (point B sur la carte). Les gens qu'on croise ne parlent déjà plus la même langue que nous.
L'après midi, il commence à y avoir du vent, il pleut un peu mais pas trop, c'est vraiment le vent qui complique les choses. Au bout de 80km je commence à en avoir marre, c'est une grosse étape, je ne suis pas entrainé et on ne veut pas arriver trop tard.
On glane un peu dans les champs, on s'arrête pour une crevaison, je remonte mon guidon pour avoir moins mal au dos (ça marche bien), on se fait doubler par une grosse troupe de motards qui nous narguent. On repasse devant les motards quelques villages après, ils sont tous dans un bar, il y a du monde plein la rue, on ne peut même plus passer sur la piste cyclable.
On passe devant un bar, il s'appelle "le Ploeg" (prononcez Plooorr) ça signifie "la charrue". Ça me fait sourire parce que c'est le petit nom qu'on donnait au bar qu'on fréquentait quand on était à la fac. On est en Belgique, j'ai envie de boire une bière mais il faut rouler, on a pas le temps.
Les deux autres garçons roulent devant nous et s'arrêtent aux intersections pour nous attendre.
On finit par arriver à Assenede à 19h00. On a roulé un peu plus de 110 km, plus de 8h00 sur le vélo. Ça fait un peu mal aux jambes, au dos, aux fesses...
Je me dis que ce n'était pas une bonne idée de participer à ce voyage mais je me rassure en me disant que demain j'aurai pris l'habitude, en plus demain c'est une petite étape, on ne fera que 60km. Je suis arrivé, je suis content, on se repose et on profite.
On est dans une ferme bio. Une grosse exploitation, 3ha de serres chauffées dans lesquelles on produit des poivrons, des tomates et des concombres. L'accueil est sympathique, il y a une dame et deux enfants, le mari n'est pas là, il est au Mexique, ils vont monter une autre exploitation là bas pour le marché des USA et du Canada! On peut dormir dans leur ancienne maison, pas besoin de monter les tentes, on peut utiliser les douches des employés, on peut aussi récupérer les légumes qui ne sont "pas beaux", des poivrons multicolores ou des concombres biscornus... Ils sont bien assez beaux pour nous, on se régale et on s'endort assez vite.
Le lendemain matin on prend le temps de visiter les serres, pas question d'y rentrer sans blouse et sans plastique sur nos chaussures. C'est absolument énorme, on a jamais vu ça. Les plans de tomates sont attachés au plafond avec un système de poulie. Quand le plan grandit on le fait descendre et on l'enroule en bas. Les plans vivent presque un an, les tomates sont énormes, les ouvriers sont à 25...



certains ouvriers emballent les légumes, les trient, d'autres coupent les gourmands (les branches qui ne servent à rien) ou récoltent les légumes... Il ont une pointeuse dans la main, la machine enregistre le temps qu'ils passent dans chaque allée et imprime tout pour que les patrons puissent surveiller le travail des ouvriers.
Tout ici fait penser à une "usine de légumes bio". Les ouvriers sont marocains, espagnols, polonais, ils n'ont pas l'air d'avoir un travail facile mais, nous dit la patronne, ils sont bien payés. Ce qui ne sera certainement pas le cas des ouvriers mexicains.
La patronne nous confie aussi qu'ils ne produisent pas assez "Si on produisait plus, on pourrait avoir des ouvriers mono-taches, là on perd en efficacité". On cherche à réinventer le travail à la chaine pour la production de légumes, ce n'est pas l'idée que je me fait de l'agriculture respectueuse de l'environnement et de la personne, mais au moins c'est bio, sans pesticides et ça respecte la terre dans laquelle les légumes poussent.

